Les artisans

Le foulonnier - teinturier

Les habitants des Alpes Maritimes portaient le plus souvent des vêtements clairs qui se salissaient facilement.

Pour les nettoyer et les dégraisser, on les envoyait au foulon. L'atelier du foulonnier était toujours installé prés d'une fontaine ou d'un ruisseau et comportait de grandes cuves dans lesquelles les tissus étaient foulés au pied. Ces cuves étaient alimentées en eau courante et vidées par un système de trappes coulissantes. Les détergents utilisés à l'époque étaient des décoctions de plantes - en particulier de "saponaire"-, des graisses animales mélangées avec de la cendre, et même de l'urine, humaine ou animale. Le carbonate d'ammonium produit par la fermentation de l'urée a en effet des pouvoirs nettoyants connus depuis longtemps.

La foulerie était associée presque toujours à une teinturerie.

L'atelier du foulonnier

Le teinturier

Le teinturier possédait tous les produits et instruments nécessaires à la teinture ou au rajeunissement des couleurs.

Par exemple, pour raviver les couleurs noires, il utilisait de la « lessive » de lierre, une décoction de feuilles. Il pouvait se servir de bouse de vache pour améliorer le blanchiment du linge.

Les teintures étaient toutes fournies par la nature: le rouge était apporté par un coquillage abondant en Méditerranée, le murex ou par la racine de garance, une plante très commune dans le midi, ou encore par les galles du pistachier térébinthe. Le jaune s'obtenait d’'une belle plante indigène, la gaude ou réséda…. Cette plante de rocaille avait la réputation d'être la meilleure source de jaune avant l'avènement des teintures chimiques. Le jaune pouvait s'obtenir aussi à partir d'une décoction de branches fleuries d'ajoncs de Provence. Il suffisait d'ajouter à la mixture un peu de sulfate de cuivre pour obtenir un beau vert.

Le bleu était extrait des baies de troène mais les plus beaux bleus étaient fournis par une plante locale, la guède, encore appelée pastel.