La vie en collectivité

Les thermes, les eaux

Dans les années suivant la conquête, les autochtones aisés des Alpes Maritimes adoptèrent avec une grande facilité les comportements des vainqueurs, relatifs à l'usage des eaux thermales. Dans tous les territoires conquis, les Romains exploitèrent les eaux présentant des vertus curatives et construisirent des thermes dans la plupart des agglomérations importantes. Sur le territoire, les sources chargées de sels minéraux de la Foux, à Vence, acquirent bientôt une telle réputation que des épouses d'empereurs romains, telles que Poppée, la femme de Néron ou Salonine, l'épouse de Gallien vinrent y prendre les eaux.

Des thermes publics importants, dont les archéologues ont relevé les plans, ont fonctionné à Cimiez, à Antibes, à Mandelieu sur l'emplacement de la chapelle de Notre Dame d'Avignonet. Les luxueuses villae de la côte, comme celle de l'île Sainte Marguerite à Cannes, les domaines ruraux de grande taille ou les maisons urbaines les plus riches des villes du Moyen Pays comportaient des bains privés.

Si les thermes publics étaient fréquentés par une majorité de personnes en milieu urbain, il en allait autrement dans les campagnes. Dans les petites fermes et pour les ouvriers et serviteurs travaillant dans les villae, une toilette rapide dans un seau ou un autre récipient devait constituer le quotidien.

Les bains, publics ou privés, étaient conçus selon un même modèle. Ils étaient organisés non seulement pour se laver, mais aussi pour faire du sport, se distraire ou se cultiver. Les différents locaux spécialisés étaient des endroits privilégiés pour se rencontrer, échanger des informations, conclure des affaires. On pouvait aussi écouter des lectures publiques ou assister des spectacles de danses ou de chants.

Les bains publics étaient accessibles à tous. Toutefois, les services annexes à la toilette, comme les massages à base d'onguents ou les épilations étaient payants. Les catégories sociales les plus modestes devaient rarement profiter de ces prestations tarifées.

Le passage aux thermes comportait plusieurs étapes. On commençait par transpirer dans l'étuve - laconicum ou sudatorium -. Ensuite, on se rinçait dans le bain chaud - caldarium -, puis dans le bain tiède - tepidarium -, pour finir dans le bain froid - frigidarium -.

thermes romains

strigile Dans les thermes publics, une palestre permettait de faire du sport (lutte, jeux de balle) avant le bain. La coutume était de s'enduire entièrement le corps d'huile avant les exercices. Un strigile en bois ou en métal permettait ensuite de gratter la peau pour enlever la sueur mélangée à l'huile. Le savon, bien que déjà utilisé depuis longtemps par les habitants du nord de la Gaule, ne semble avoir été utilisé dans les Alpes Maritimes qu'à partir du IVe siècle aprés J.-C...

Les thermes étaient chauffés par un système très ingénieux : les bassins étaient construits au dessus d'un vide sanitaire sur des piliers, les pilastres. Provenant du foyer installé en sous sol, l'air chaud passait entre les pilastres et chauffait l'eau des piscines, mais il était également diffusé dans les locaux au moyen de tubuli, des tuyaux de terre cuite courant le long des murs.

bassin