La vie en collectivité

Les pratiques funéraires

Lorsqu'une personne mourait dans une maison des Alpes Maritimes, sa famille l'exposait sur un lit funéraire et déposait dans sa bouche une pièce de monnaie, l'obole, pour payer Charon, le passeur qui ferait passer à son âme le Styx, le fleuve situé à l'entrée des Enfers. Des pleureuses se lamentaient devant le corps. La cérémonie funéraire obéissait à un protocole précis, gage pour le défunt de l'obtention d'une vie nouvelle après la mort. Le corps était ensuite sorti les pieds devant, pour être incinéré sur un bucher, ou enterré. L'incinération semble avoir été privilégiée durant la République et une partie du Haut Empire, jusqu'au milieu du IIème siècle après J.-C.. Ensuite l'inhumation a eu tendance à se substituer à l'incinération, avec le développement des cultes orientaux, puis un peu plus tard avec l'implantation du christianisme.

Les sépultures à incinération

sarcophage urne funéraire

Les restes du bûcher funéraire, os et cendres mélangés, étaient déposés dans une urne ou un récipient et parfois même directement en terre. Le corps des enfants ne pouvait être incinéré que lorsqu'ils avaient des dents. A l'époque, le taux de mortalité infantile était élevé. Des stèles indiquaient le plus souvent l'emplacement de la tombe. L'activité du défunt y était parfois représentée (forgeron, charpentier, marchand).

Les sépultures à inhumation

Les inhumations étaient pratiquées sous différents modes : pour les catégories les plus modestes, le corps était déposé en pleine terre, simplement recouvert de tuiles, tegulae et imbrices, placées « en bâtière », reproduisant la forme du toit d'une maison.

inhumation en bâtière

Les inhumations pouvaient s'effectuer aussi dans des cercueils de bois, ou pour les plus aisés, dans des sarcophages de pierre. Ces sarcophages pouvaient être déposés dans des caveaux, mais aussi laissés à l'air libre.

Les offrandes

Dans les sépultures à incinération comme dans celles à inhumation, des offrandes étaient déposées à coté du corps : coupelles remplies de nourriture, fioles à parfum, bijoux, jouets pour les enfants.

Lieux de sépultures

sarcophage

Les familles faisaient ériger des stèles ou placer des sarcophages à la sortie des agglomérations. Ces deux types de monuments pouvaient s'aligner de chaque côté de la voie. L'art funéraire de cette époque est un art simple et réaliste. Il reflète le milieu d'artisans laborieux, de commerçants actifs et traduit une influence orientale certaine. La stèle prend souvent la forme symbolique d'une maison. Mais on trouve aussi, en particulier pour les familles aisées, des mausolées funéraires de la même forme.

Des épitaphes gravées rappellent au passant le souvenir des défunts. Le dialogue avec les vivants était permanent. Ainsi, plus d'une épitaphe s'adresse au passant en l'interpellant «Bonjour, voyageur, porte-toi bien!» ou «Longue vie à celui qui dira: Apragius, que la terre te soit légère!». Le défunt désirait ainsi perdurer à travers ces messages.

stèle funéraire Avec le développement des sépultures à inhumations, des nécropoles furent créées à quelque distance des lieux habités, probablement pour des raisons sanitaires, mais toujours le long des voies de communication. L'organisation de l'espace dans ces nécropoles était bien marquée par des enclos ou par des bornes, laissant envisager l'existence de véritables concessions funéraires.

Tous les corps n'étaient pas cependant placés dans ces nécropoles. Héritée des anciennes coutumes ligures, attestée durant l'âge du fer, la pratique d'enterrer les enfants en bas âge dans les maisons ou dans les cours demeure en vigueur à l'époque romaine dans la région, comme cela a été constaté sur le site du Montet, situé au dessus de Grasse. Quant aux propriétaires terriens, beaucoup se faisaient enterrer dans leur domaine.

L'art funéraire de cette époque est un art simple et réaliste. Il reflète le milieu d'artisans laborieux, de commerçants actifs et traduit une influence orientale certaine. La stèle prend souvent la forme symbolique d'une maison. Mais on trouve aussi, en particulier chez les familles aisées, de grands mausolées funéraires de la même forme.