La vie en collectivité

L'école

Si l'on en juge par le grand nombre d'écrits s'adressant aux passants, les dédicaces aux dieux ou aux empereurs, les épitaphes funéraires, les inscriptions des bornes milliaires mais aussi les graffitis gravés sur les murs ou la vaisselle, une grande partie de la population devait savoir lire. Les enfants apprenaient effectivement à lire à l'école.

scène d'école

Dès l'âge de sept ans, la grande majorité des garçons et des filles habitant les villes suivaient les cours de premier niveau, correspondant à l'école primaire actuelle. Le maître d'école -le magister ludi- apprenait à lire aux élèves en utilisant l'alphabet latin qui ne comportait que 21 lettres (les lettres "u", "j", "w", "y" et le "z" n'existaient pas). Les jeunes apprenaient ensuite à écrire, en lettres capitales, sans espace ni ponctuation, puis enfin à compter.

Les conditions d'enseignement étaient très dures. Le maître n'hésitait pas à administrer des châtiments corporels.

Le deuxième niveau, correspondant à notre enseignement secondaire, commençait vers l'âge de douze ans et était assuré par un grammaticus - un grammairien-. Les élèves, issus de milieu social favorisé, y étudiaient les textes des grands auteurs grecs et latins. Très peu de filles allaient au delà du premier niveau. On attendait d'elles qu'elles soient de bonnes épouses et de bonnes mères plus tard, et les décideurs jugeaient donc qu'elles n'avaient pas à continuer leurs études. Mais il n'y avait pas que les filles à quitter l'école aprés le premier niveau : la grande majorité des garçons entrait à cet âge de douze ans en apprentissage d'un métier.

Quelques rares privilégiés accédaient vers l'âge de quinze ou seize ans au dernier niveau, l'enseignement supérieur. Les cours étaient donnés par un rhetor ou un orator. Les étudiants acquéraient la maîtrise de l'art oratoire, l'art du bien parler, et les techniques du discours. Dès le 1er siècle aprés J.-C., l'école supérieure de Massilia, - Marseille- avait acquis une grande notoriété et il est fort possible que quelques natifs des Alpes Maritimes y aient eu accès.

L'écriture

Les écoliers et les étudiants écrivaient avec une pointe en métal, le style, sur des tablettes de bois recouvertes de cire d'abeilles, les tabellae ceratae. La pointe de métal comportait souvent à son autre extrémité une spatule, qui permettait de gratter la cire en cas de faute. Des rouleaux de papyrus - les volumen- étaient aussi utilisés sur lesquels ils écrivaient à l'aide d'un roseau taillé en biseau, le calame, que l'on trempait dans l'encre. A partir du IIIème siècle aprés J.-C., on écrit également sur des parchemins.

belle romaine

Les dédicaces et les épitaphes

Des dédicaces étaient gravées sur les frises des monuments, sur la base des statues, sur les autels. Les sarcophages et les tombeaux comportaient des épitaphes. La gravure pouvait être rehaussée de peinture ou de lettres en bronze. L'espace entre les mots n'était généralement pas marqué, sauf dans certains cas, où l'on utilisait des points. Le notable qui commandait la dédicace ou l'épitaphe faisait mentionner son nom, sa filiation, ses titres éventuels, la raison de l'édification du monument, la divinité ou le personnage à qui il l'offrait, le lieu et une formule abrégée montrant sa bonne volonté.

Les graffitis

Le petit peuple aimait à tracer des graffitis sur les murs. Sur les parois de leur salle de classe, les enfants gravaient des exercices d'écriture ou des citations grecques ou latines. D'autres dessinaient des animaux et des personnages.

Les adultes, hommes et femmes, croquaient des combats de gladiateurs, des portraits caricaturés ou exprimaient leurs fantasmes sexuels. Ils pouvaient inscrire aussi sur les murs une liste d'achats, des messages aux dieux, des injures ou des mots d'amour. Comme de nos jours, beaucoup tenaient simplement à marquer leur passage, en gravant leur nom et une date.

graffiti