La vie en collectivité

La vie quotidienne, la vie de famille

famille gauloise Dans les maisons des villes comme à la campagne, la vie de tous les jours est une vie de labeur, sauf pour quelques riches propriétaires qui possèdent des esclaves et des serviteurs. On se lève le matin avec le soleil, on se couche généralement avec la tombée de la nuit, même si les lampes à huile permettent de prolonger parfois la soirée. En hiver, on se chauffe avec des braseros, et surtout, le soir, avec le fourneau de la cuisine. Les repas sont frugaux : un pain frotté d'ail le matin, un en-cas froid sur le lieu de travail à midi. Le soir, la famille se réunit pour manger de façon plus conséquente des plats chauds, cuits dans des poteries sur la braise du fourneau de la cuisine : beaucoup de raves et de légumes secs en soupe ou en bouillies, un peu de viande à l'occasion. On mange avec les doigts, la fourchette étant inconnue. Les galettes de farine de seigle ou de pois chiches et le pain sont présents à tous les repas. On boit du vin tiré des dolia ou des amphores, produit localement et souvent coupé d'eau. Il faut aller chercher cette eau dans des cruches parfois assez loin dans les campagnes. Dans les villes, l'eau est amenée aux fontaines par des conduites ou des acqueducs, et la corvée d'eau est alors moins fastidieuse.

La mère de famille est consignée à la maison, où elle s'occupe des enfants en bas âge, tout en trouvant du temps pour d'autres tâches domestiques indispensables comme le broyage des grains, la préparation des repas ou le tissage des étoffes. Des métiers à tisser devaient équiper toutes les demeures, car l'on retrouve fréquemment sur les sites gallo-romains des pesons de terre cuite, servant à tendre les fils.

torche nuptialeLa jeune fille avait plus de liberté et gardait les troupeaux ou participait aux récoltes, aux vendanges ou au ramassage des olives. Lorsqu'elle se mariait, elle devait une obéissance absolue au pater familias, qui pouvait la répudier s'il le souhaitait. Il est probable que les mariages étaient convenus entre les parents, sans que la femme puisse véritablement exprimer son choix. Les parents de celle ci devait verser une dot, lorsque l'arrangement était trouvé. La cérémonie de mariage suivait un rituel précis : la mariée se rendait en procession à la demeure de son mari, précédée de porteurs de torche, de quenouille et de fuseau, tous symboles nuptiaux. Elle était portée dans les bras pour franchir le seuil de la maison, où les murs avaient été couverts de tentures de lin blanc, décorées de feuillage de lierre et de laurier.

Enceinte et prête à accoucher, elle donnait naissance à son bébé, assistée d'une sage femme ou d'une femme amie. Dans les villes, le médecin et même le chirurgien pouvait le cas échéant intervenir, et utiliser des forceps. Beaucoup de femmes mourraient en couches, et la mortalité infantile était trés élevée. Les enfants morts avant 40 jours avaient un statut particulier, puisqu'on enterrait leur corps dans la maison. Dans les Alpes Maritimes ont été retrouvés plusieurs squelettes d'enfants en bas âge, sous le sol ou dans des niches aménagées dans les murs.

toupie d'enfant Les enfants, dés qu'ils étaient en âge de marcher, étaient livrés à eux mêmes jusqu'à 7 ans et passaient la majeure partie de leur temps dans la rue. Les jeux en vogue étaient des jeux de balles, de cerceaux, de toupie, de marelle, de dés. L'os arrière de la patte de mouton, l'astragale, était trés prisé pour jouer des heures durant aux osselets. Les enfants connaissaient aussi beaucoup de jeux différents se jouant avec des noix. Quant ils avaient l'âge d'aller à l'école, à 7 ans, on disait alors "qu'ils quittaient les noix" - nuces relinquere -, pour signifier qu'ils avaient franchi une étape. Le symbolisme des noix était important à l'époque romaine : on en lançait en l'air lors des mariages, des anniversaires ou des naissances.

Les distractions

theatre romainLes distractions collectives étaient rares à l'exception des spectacles et des pièces jouées dans les théâtres d'Antibes, de Vintimille et dans les arènes de Cimiez. Ces théâtres étaient organisés en gradins disposés en demi-cercle devant une scène, adossée à un mur. Le public, venu de la ville comme des campagnes proches, assistait à des spectacles de pantomine dont les sujets étaient pris dans la mythologie et qui pouvaient être accompagnés de musique et de chants. D'autres spectacles étaient des "attelanes", précurseurs de la Commedia dell'Arte, dans lesquels les comédiens portaient des masques. Des spectacles dansants étaient également donnés dans ces théâtres dont les thèmes étaient romanesques ou s'inspiraient de la vie quotidienne. D'autres encore étaient des récits fictifs, comiques ou tragiques, appelés "fabula".

Les acteurs étaient presque toujours des hommes sauf dans quelques spectacles de danse. Les acteurs étaient des esclaves, des affranchis ou des hommes libres mais jamais des citoyens qui se seraient dévalorisés en jouant la comédie.

Le public composé de toutes les classes sociales, participait activement aux spectacles, encourageant les acteurs, les interpellant, applaudissant.

Les moeurs de l'époque étant assez libres, les hommes fréquentaient les lupanars. Ils allaient aussi boire du vin et jouer aux dés dans les gargottes. Mais c'étaient les thermes, présents jusque dans les plus petites bourgades, qui étaient les plus prisés, par les hommes comme par les femmes.