Les artisans

Le médecin, le chirurgien, l'apothicaire

La médecine romaine est la digne héritière de la science médicale grecque, dont Hippocrate, au Vème siècle avant J.-C., fut le fondateur. Beaucoup de médecins et de chirurgiens étaient des affranchis, d'anciens esclaves qui avaient été en formation durant de longues années. La médecine de l'époque associait des connaissances thérapeutiques certaines - en particulier la connaissance des vertus des plantes - à des éléments de superstition et à des rites symboliques.

Chirurgien Trousse de chirurgien romain

Dans certains domaines techniques exerçaient des spécialistes, tels que des occulistes, alors que les lunettes étaient encore inconnues. Ceux ci utilisaient des collyres à base de safran ou de myrrhe, et opéraient même de la cataracte !

Les instruments du chirurgien étaient déjà très perfectionnés : écarteurs de plaies, extracteurs, scalpels, pinces. De façon empirique, alors qu'il ignorait que les germes étaient à l'origine des maladies, le chirurgien romain passait ses instruments dans l'eau bouillante avant d'opérer. Il pratiquait des trépanations ou des trachéotomies, savait extraire les amygdales, réduire une hernie ou recoudre une plaie.

Avant les opérations lourdes, il pouvait donner à son patient des calmants ou des antidouleurs, extraits de plantes médicinales poussant dans la région méditerranéenne. Il utilisait des baies de belladone ou des racines de mandragore, contenant de la scopolamine aux vertus anesthésiantes.

Il existait également des dentistes qui soignaient les caries ou arrachaient les dents.

Le pharmacien, ou plutôt l'apothicaire, préparait des potions à base d'huile, de vin, de miel, de lait, de plantes variées (fruits, fleurs, feuilles, racines), mais aussi de minéraux broyés ou d'extraits animaux, alliant des sécrétions à des graisses, des poils, des ongles pilés. L'huile d'olive était un ingrédient incontournable de la pharmacopée romaine et le médecin la prescrivait en application locale ou en usage interne, mélangée à quantité d'autres substances. Les préparations médicales s'apparentaient à des recettes de cuisine, avec leurs divers ingrédients et leurs préparations parfois compliquées. Ces « médicaments » faisaient beaucoup appel aux sens de la vue et de l'odorat. Les odeurs en particulier jouaient un grand rôle, et l'on comprend pourquoi le médecin prescrivait de l'huile ou des onguents gras qui préservent les arômes. Les pilules n'étaient pas connues à l'époque et les médicaments, en poudre ou sous forme liquide, étaient administrés à la petite cuillère.

Atelier de l'apothicaire